Psychédéliques, Psilocybine & Recherche en France : Le Débrief du 1er Essai Pilote
1ère Expérience Clinique avec la Psilocybine en France : une Révolution ? Ou une Illusion ?
Plus d’info, me contacter : https://www.eric-marchal.com/ & https://chamanisme.fr/
directement sur la question des Psychédéliques : https://www.eric-marchal.com/psychedeliques/
pour agir : decriminalizenature-france.org
Conférence organisée par: la Société psychédélique française
Essai pilote : CHU de Nimes – Dr Félix SERGENT & professeur amandine LUQUIENS : https://youtu.be/1fEz5LHL9kc?si=jnRdzW2oV4RYqqF9
La France entre (enfin) dans l’ère des thérapies psychédéliques, mais à quel prix ? Dans cette analyse critique et constructive, je reviens sur le tout premier essai clinique officiel à base de psilocybine, mené à Nîmes, avec le Pr. Amandine Luquiens et le Dr Félix Sergent. 🙏
➡️ Merci aux médecins, aux équipes, à la recherche… ET : entre double aveugle, IRM, protocole rigide et ambiance trop médicalisée, sommes-nous en train de reproduire l’erreur classique de l’Occident : extraire la molécule et ignorer le rituel, le contexte et… l’aspect spirituel pourtant intrinsèque à l’expérience ?
Je vous propose ici le regard d’un initié, formé depuis plus de 25 ans par de véritables chamans, loin du folklore new age. Un décryptage sans polémique, mais sans langue de bois non plus. ✊
📌 On parle :
– D’appropriation culturelle vs collaboration éclairée
– De science matérialiste face à l’expérience spirituelle profonde
– De rituels millénaires réduits à des playlists Spotify pour planner
– De formation des thérapeutes : 5 jours ? ou 10 ans comme un chaman ?
– Et de cette question cruciale : qui devrait accompagner ces voyages de conscience ?
🚨 Cette vidéo n’est pas un pamphlet, c’est une invitation au dialogue, entre médecine, tradition, science et sacré.
⚠️ Important : Dans cette vidéo je parle en mon nom propre, et pas au nom de Decriminalize-Nature-France dont je suis le secrétaire actuellement.
⚠️ Erratum : En début de vidéo j’évoque un travail commun entre ” Decriminalize-Nature-France” et “Société Psychédélique Française’, il s’agit plutôt d’objet proche et d’intérêts communs et pas encore véritablement de travail en commun (pour l’instant).
⚠️ Oups : Désolé pour l’erreur de concept attribué à Ansgar Rougemont, au lieu de la Vidéo de Stephan Schillinger : Causerie sur les Usages Psychédéliques avec Maxime MELLINA du GREA : https://youtu.be/UwEu0yyG0XE?si=dwqmWpPXtt-ciD04
⚠️ Avertissement :
Cette vidéo est à but purement informatif et éducatif.
Elle aborde les recherches scientifiques et chamaniques en cours sur certaines substances psychédéliques et enthéogènes, sans inciter à leur usage.
Ces substances sont interdites par la loi française (Article L3421-1 du Code de la santé publique) .
Cette vidéo ne constitue pas une promotion, ni une invitation à l’expérimentation.
Le respect du cadre légal et de votre sécurité est essentiel.
Eric Marchal analyse l’étude du professeur Luquiens sur la psilocybine contre l’addiction à l’alcool. Il compare le protocole médical standardisé à l’approche chamanique : molécule de synthèse contre plante entière, double aveugle inadapté, accompagnement par réassurance contre voyage partagé avec un guide expérimenté.
Les limites de l’approche médicale
L’étude clinique menée par le professeur Amandine Luquiens à l’hôpital de Strasbourg marque une avancée. Eric Marchal salue le courage de cette équipe qui travaille dans un cadre légal français très restrictif. Mais il pointe plusieurs écueils dans le protocole.
Molécule de synthèse contre plante entière
L’étude utilise 25 mg de psilocybine de synthèse en gélule. Dans un champignon, la psilocybine agit en cocktail avec d’autres alcaloïdes. Cette complexité chimique produit un effet synergique que la molécule isolée ne reproduit pas. Eric Marchal rappelle qu’en chamanisme, on parle aussi de “l’esprit de la plante” : une dimension que la pharmacologie ne capture pas.
Le paradoxe du double aveugle
Le protocole médical exige un double aveugle : ni le patient ni l’accompagnant ne savent qui reçoit la substance. Mais avec les psychédéliques, tout le monde sait en moins d’une demi-heure qui a pris la dose active. Ce protocole, valable pour un médicament classique, perd tout sens. Il montre que la recherche médicale n’est pas adaptée à ces expériences.
Réassurance contre accompagnement
L’équipe médicale propose un cadre “sécure” : main tendue, musique standardisée sur Spotify, boules en mousse à serrer, huiles essentielles. Eric Marchal distingue la réassurance (rassurer pour revenir au point de départ) de l’accompagnement chamanique (aider à traverser l’épreuve). Dans une initiation, on ne rassure pas : on exacerbe pour permettre le passage. Le chaman voyage avec la personne, il ne reste pas au bord du chemin à lire un livre.
Ce que le chamanisme apporte
Un guide qui connaît la montagne
L’analogie revient plusieurs fois dans la vidéo : l’expérience psychédélique, c’est comme la haute montagne. Un guide de montagne ne se contente pas de lire des livres ou de regarder des photos satellites. Il y est allé, il connaît le terrain, les passages dangereux, les refuges. De la même façon, un chaman digne de ce nom a expérimenté lui-même les plantes, s’est formé pendant des années et accompagne en voyageant avec la personne, pas en la surveillant de loin.
Un rituel vivant, pas une playlist
La musique standardisée sur Spotify est le plus petit dénominateur commun. Dans une cérémonie chamanique, les chants sont adaptés en temps réel à ce que vit la personne. Le chaman voit où elle en est et module sa vibration. Rien à voir avec une playlist figée, numérique, déconnectée du moment présent.
La dimension collective et la nature
Le protocole médical est individuel et se déroule dans une chambre d’hôpital. Les expériences chamaniques sont collectives : le groupe crée une dynamique qui porte chacun. Elles se déroulent dans la nature, en lien avec la terre, les éléments. Les patients de l’étude le sentent instinctivement : les cailloux du jardin fonctionnent mieux que les balles en mousse pour se raccrocher au réel.
Plaidoyer pour des équipes pluridisciplinaires
Eric Marchal ne rejette pas la médecine. Il appelle à une collaboration entre médecins, psychologues et chamans expérimentés. Il cite le docteur Mabit au Pérou comme exemple d’équipe pluridisciplinaire fonctionnelle où chacun apprend le vocabulaire de l’autre. Il imagine un protocole comparant l’approche médicale standard à une cérémonie chamanique complète : plante entière, chant en direct, accompagnement pendant le voyage, groupe, intégration par des spécialistes de l’âme.
La question centrale reste : quand une expérience est avant tout spirituelle, pourquoi la confier uniquement à des médecins qui n’ont pas expérimenté eux-mêmes ? Eric Marchal conclut sur une citation de Gordon Wasson : “Ceux qui parlent de psychédélique mais n’en ont jamais pris sont discrédités par leur inexpérience, et ceux qui en parlent parce qu’ils en ont pris sont parfois discrédités à cause de leur expérience.” Un paradoxe qui illustre le chemin qu’il reste à parcourir.
Repères et Transcription de la vidéo
[00:00] – Introduction
Eric Marchal remercie l’équipe médicale du Pr Luquiens pour son étude sur la psilocybine et l’addiction à l’alcool. Il pose son cadre : un commentaire critique et constructif depuis sa place de chaman avec 30 ans d’expérience.
[02:34] – Remerciements et précautions
Il salue les médecins-chercheurs qui travaillent sous contraintes légales fortes. Il pose un disclaimer : n’invite pas à consommer, ne parle que des cadres autorisés à l’étranger. Il distingue les vrais chamans expérimentés des “chaman minute”.
[07:17] – Réécriture de l’histoire
L’étude présente Gordon Wasson comme le premier à s’initier à la psilocybine. Eric Marchal corrige : Maria Sabina, chamane mexicaine, a bien voulu l’initier. Il remet les choses en ordre et questionne le récit ethnocentré.
[12:03] – Réductionnisme pharmacologique
Définir les psychédéliques uniquement comme des agonistes de la sérotonine, c’est comme définir l’amour par des réactions chimiques dans le cerveau. L’expérience spirituelle échappe à ce cadre.
[16:00] – Spirituel ou médical ?
Si les psychédéliques produisent surtout une expérience spirituelle, qui est le mieux placé pour accompagner ? Les prêtres, les rabbins, les imams, les chamans. Pas les médecins. Eric Marchal pose la question du cadre initiatique, absent du protocole.
[24:00] – Les trois cadres
Le médecin évoque deux cadres : festif et thérapeutique. Eric Marchal ajoute le cadre initiatique, avec ses rituels adaptés depuis des siècles. C’est la dimension qui manque à l’approche médicale.
[33:00] – Bad trip et réassurance
Le bad trip peut être un passage initiatique. La réassurance (revenir au point de départ) n’est pas l’accompagnement (traverser l’épreuve). Eric Marchal critique les checkups toutes les demi-heures qui induisent l’angoisse par les questions posées.
[43:52] – Musique et adaptation
Playlist standardisée sur Spotify contre chants vivants adaptés à la personne. La standardisation est nécessaire à la reproductibilité scientifique mais inverse la logique chamanique qui exige d’adapter le rituel à chaque être.
[53:58] – Objets de reliance
Boules en mousse contre cailloux du jardin. Les patients choisissent instinctivement les objets naturels pour se reconnecter à la réalité. Eric Marchal souligne le rapport à la terre, à la nature, qui est au coeur de l’expérience chamanique.
[61:57] – Formation des accompagnants
L’équipe médicale admet s’être formée en lisant des articles. Aucune formation expérientielle n’est exigée. Eric Marchal interroge : est-ce que mon accompagnateur en plongée sous-marine a déjà mis la tête sous l’eau ? La base.
[69:52] – Conclusion et appel
Eric Marchal appelle à inventer de nouveaux protocoles pluridisciplinaires associant médecins et chamans. Il cite Gordon Wasson et remercie l’équipe médicale pour son travail dans un cadre difficile.
Questions Fréquentes
Pourquoi le protocole médical standardisé est-il inadapté aux psychédéliques ?
Le double aveugle devient impossible puisque l’effet psychédélique est immédiatement reconnaissable. De plus, le protocole repose sur une molécule de synthèse isolée alors que la plante entière produit un effet cocktail complexe. Enfin, la standardisation du cadre (musique, absence d’interaction, chambre d’hôpital) ignore la dimension rituelle, collective et adaptative essentielle à ces expériences.
Quelle est la différence entre réassurance médicale et accompagnement chamanique ?
La réassurance cherche à ramener la personne à un état connu et sécurisé. L’accompagnement chamanique l’aide à traverser l’épreuve pour en sortir transformée. Le chaman voyage avec la personne pendant l’expérience, partage son état modifié de conscience, adapte son soutien en temps réel. Le médecin reste à l’extérieur, surveille et rassure sans accès direct à ce que vit la personne.
Quelle collaboration envisager entre médecine et chamanisme ?
Eric Marchal propose des équipes pluridisciplinaires réunissant médecins, psychologues et chamans expérimentés, comme le fait le docteur Mabit au Pérou. Il imagine un protocole comparant l’approche médicale classique à une cérémonie chamanique complète : plante entière, chant en direct, accompagnement pendant le voyage, intégration par des spécialistes de l’âme. Les médecins apportent la sécurité clinique, les chamans la profondeur spirituelle.