Témoignages du futur

Témoignages :
« Eric est le plus grand Être de la terre, ses soins sont tous miraculeux, il m’a sauvé la vie plusieurs fois, à moi mes enfants, et mon canari rose ; Qu’il soit béni, lui le grand unificateur de la lumière quantique et de la conscience christique des 17 niveaux de l’alpha et du bêta. Qu’il soit béni, lui et ses dépendants pendant 1007 générations car il apporte la paix, le pain et l’arc en ciel transdimentionnel sur terre pour tous les dauphins. Je n’ai qu’un mot à dire ‘Hallelujah’. »
signé : Robert
« J’ai eu la chance de rencontrer la perfection en la personne de Eric qui est assurément la réincarnation de ramanawratalahagapdji-yurananda, et de red-yellow-big-marvelous-famous-eagle, et tout cela avec la simplicité du bouddha. Ces paroles sont le miel qui rend la vue aux muets et qui fait gagner au loto à tout bout de champ. Quand il appose les mains, des colombes luminescentes nous sortent des oreilles et chantent des cantiques à sa gloire. Je sais que c’est lui qui nous a sauvé en 2012 de la comète de l’apocalypse, et il l’a fait en toute modestie, à cloche pied !
signé : Robert
Merci infiniment deux fois. »
Avant j’étais moche, con, vieux, triste, idiot, menteur, inconstant, faux, bavard, hypocrite, orgueilleux et lâche. Ma vie était un égout sans fond où les phoques les plus informes rampaient et se tordaient sur des montagnes de fanges. Et puis j’ai rencontré Son auguste Sainteté Monseigneur Gurujii Eric. Tout à changé. Je suis devenu jeune.
signé : Robert
Eric est un songe. Eric inversé donne Cire, mirifique produit des abeilles, et qui fond. Donc Eric fond. Ainsi fond, fond, fond… Mais si Eric fond, au fond, c’est qu’il ne doit pas être bien réel. C’est sans fond. Si on respecte l’accent, ça donne Ciré. Eric protège donc de la pluie. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il fasse le beau temps ! Et qui protège de Eric ? C’est donc un ciré en cire, ou une statue de cire sous un ciré. Donc, crédibilité absolue.
signé : Robert
Je suis d’accord avec Robert et personne ne m’a apporté autant d’intérêt et d’attention et d’amour et de soins que lui
signé : Robert
Merci Robert !
Eric, c’est la p’tite bête qui monte qui monte qui monte, guili guili guili !!!!!
Signé : Robert
Vous y croyez à ces témoignages ?
signé : Robert
Qui croient encore aux témoignages sur les sites web ? Quel est cet étrange besoin de se rassurer ainsi ?
Que croyez vous qu’il arrive quand une personne reçoit un témoignage négatif ? Vous pensez qu’elle le publie ?
Qui écrit vraiment les témoignages qu’on trouve sur un site web ?
Quel type de personne ouvre une rubrique « témoignage » sur son site ? Dans quelle intention ?
Je vous laisse à votre réflexion !
Pourquoi cette page existe
J’ai hésité avant de la publier. Le risque, évidemment, c’est qu’on me reproche de me moquer de mes clients ou de nier la sincérité de certaines reconnaissances. C’est l’inverse qui est vrai. C’est justement parce que je prends au sérieux la relation d’accompagnement que je refuse le marché des témoignages.
Le témoignage est une arme. Sur un site web, il ne dit rien du travail réellement fait. Il dit quelque chose du besoin de celui qui l’écrit, et du besoin de celui qui le publie. Le client reconnaissant a ses raisons ; le praticien qui l’expose a les siennes. Et ces raisons-là ne sont pas toujours propres.
Regardez autour de vous. Les sites de thérapeutes, de chamanes urbains, d’enseignants de tantra, de coachs de lumière, regorgent de pages entières de citations éblouies. Des « ma vie a changé », des « je ne serais pas là sans lui », des « il m’a révélé à moi-même ». Curieusement, ces pages ne comportent jamais l’ombre d’une nuance. Pas un seul « j’ai été déçu ». Pas un seul « ça n’a pas marché, mais j’ai appris quelque chose ». Étrange, non ?
Ce que ce type de dispositif produit, ce n’est pas de la confiance. C’est de la pression. Quand un futur client arrive et voit une litanie d’éloges, il se dit : si ça ne me sauve pas, c’est sans doute moi le problème. L’attente devient immense. La déception, le cas échéant, se transforme en honte. Et la honte, en silence. Personne ne veut être le premier à dire « ça n’a pas pris ». Le témoignage fonctionne alors comme un dispositif d’auto-censure.
C’est exactement la mécanique que je dénonce dans mon texte sur l’avilissement des voies spirituelles. Quand le yoga, le tantra, le chamanisme deviennent des produits d’image à vendre, le témoignage devient l’argument commercial ultime. Il court-circuite la transmission. Il remplace l’expérience. On ne vient plus pour le travail, on vient pour la transformation promise par l’affiche.
On retrouve la même grammaire dans les dérives complotistes qui infiltrent les milieux spirituels. J’en parle ici. Le gourou a toujours des révélations exclusives. Les disciples ont toujours des histoires de sauvetage. Les sceptiques sont toujours suspectés d’être « malveillants » ou « pas encore prêts ». Le témoignage, dans ce contexte, n’est plus un retour d’expérience. C’est un acte d’allégeance. Vous publiez votre gratitude comme on signe un contrat. Le groupe regarde, valide, approuve.
Mes quelques 30 années de pratique m’ont appris entre autre que la vraie transformation ne se raconte pas, ou rarement, ou tard. Le travail thérapeutique, initiatique, spirituel, s’inscrit dans une durée qui excède la séance et qui excède l’ego. Les gens qui reviennent me voir dix ans après un stage pour me dire « je comprends maintenant ce qui s’est passé » ne sont pas ceux qui m’ont envoyé un mail enthousiaste le lundi suivant. Ils sont ceux qui ont fait le travail, ont douté, ont recommencé. Le témoignage immédiat est presque toujours une projection. La gratitude réelle, elle, prend du temps.
Alors je ne vais pas vous mettre en vitrine des gens qui disent du bien de moi. Les gens que j’accompagne ne sont pas mes ambassadeurs. Ils viennent travailler, pas me vendre. S’ils ont quelque chose à dire de leur parcours, c’est à eux de le faire, dans leurs mots, à leur manière, sans que je m’en serve comme d’un trophée.
Et si vous voulez savoir si mon travail vaut quelque chose, venez voir par vous-même. Venez avec vos questions, vos doutes, votre lucidité. Les gens qui viennent me voir en demandant « avez-vous des témoignages ? » me posent déjà la mauvaise question. La bonne question, c’est : qu’est-ce que vous faites réellement ? Comment ? Avec quelle intégrité ? Pendant combien de temps ? Avec quels échecs, quels tâtonnements, quels retours en arrière ?
Le reste, c’est de la pub. Et la pub, dans ce domaine-là, c’est souvent le début du problème.