Devenir un homme : quête de sens et masculin sacré
Eric Marchal invite les hommes à une quête de sens loin des injonctions contradictoires de la société. Entre virilité sacrée, rites initiatiques et fraternité, il propose un chemin pour devenir l’homme singulier que l’on est, en paix avec soi-même et avec les femmes.
La crise de la masculinité moderne
Submergé par mille injonctions contradictoires, l’homme contemporain ne sait plus qui il est. Entre les théories du genre et les anciens stéréotypes, entre la déconstruction et le retour du mâle alpha, il y a de quoi perdre la tête. La société a cessé de pratiquer les rites initiatiques qui permettaient aux jeunes hommes de trouver leur place.
La virilité retrouvée
Revenir à la racine latine du mot virilité : vir, qui se décline en vertu, vigueur, et dans tout ce qui est verdoyant. Jacqueline Kelen appelle ces hommes des valeureux, des héros qui par leur quête font surgir le printemps. Les valeurs masculines ne sont pas à renier mais à incarner : loyauté, courage, honneur, ardeur et goût de la quête.
- Sortir de la culpabilité imposée par une culture qui a décrété les valeurs masculines odieuses
- Cesser de croire que l’homme idéal ne peut être que féminin
- Retrouver le désir et la joie d’être un homme en quête de perfection
- Ne pas se définir par réaction aux féministes ni aux masculinistes
Le chemin initiatique
Comme les femmes ont leurs cercles et leurs tentes rouges, les hommes ont besoin d’espaces de fraternité pour se rencontrer. Eric Marchal anime des groupes d’hommes depuis plus de dix ans, s’appuyant sur les rites de passage chamaniques, les sagesses indiennes, chevaleresques, les mythologies et les archétypes jungiens.
Les archétypes du masculin sacré
- Cernunnos : l’homme sauvage relié à la nature
- Dionysos : l’homme de la transe et de l’extase
- Shiva : l’homme de la conscience et de l’énergie
- Le preux chevalier : l’homme d’honneur et de quête
Participer :
Participer à un Cercle d’Hommes alliant CHAMANISME et TANTRA avec Eric Marchal
Repères et transcription de la vidéo
[00:00] - Introduction : ne laisse personne définir l'homme que tu es [01:38] - La crise de la masculinité : injonctions contradictoires et perte de repères [02:29] - Définition de la virilité, racine latine et référence à Jacqueline Kelen [03:44] - Le chemin de la découverte de soi dans la singularité [04:24] - L'expérience des groupes d'hommes animés depuis dix ans [05:02] - Lecture de L'Eternel Masculin de Jacqueline Kelen [08:10] - La métaphore d'Excalibur : retirer l'épée du bloc de pierre
Questions Fréquentes
Qu’est-ce que la virilité pour Eric Marchal ?
La virilité puise sa racine dans le latin vir, qui évoque la vertu, la vigueur et la force ascendante du printemps. Elle n’a rien à voir avec la domination brutale : c’est une qualité de vaillance et de valeur, incarnée par des hommes que Jacqueline Kelen appelle les valeureux.
Pourquoi les hommes ont-ils besoin de rites initiatiques ?
Les sociétés traditionnelles le savaient : on ne naît pas homme, on le devient. Sans rites de passage, l’adolescent reste un éternel enfant. Les groupes d’hommes et les stages offrent cet espace de fraternité où chacun peut se révéler à lui-même à travers des pratiques chamaniques, tantriques et mythologiques.
Comment trouver sa place en tant qu’homme aujourd’hui ?
En cessant de se définir par réaction aux injonctions extérieures. Le chemin ne consiste ni à devenir un mâle alpha ni à se déconstruire sans repères. Il s’agit de tirer Excalibur du bloc de pierre : retrouver le désir, le courage et la joie d’être un homme singulier, en paix avec les femmes et avec soi-même.
Transcription textuelle :
– Ne laisse pas les féministes définir l’homme que tu es
– Ne laisse pas les masculinistes définir l’homme que tu es
– Ne laisse pas les coachs, les gurus, la société, les modes, … définir l’homme que tu es
Par contre, tu peux emprunter un chemin pour aller à la rencontre de toi même, de l’homme unique que tu es, de l’homme singulier et en devenir que tu es…
… cela dans la fraternité avec les hommes
… cela dans la paix avec les femmes
GENERIQUE MR SUNFOX : Palabre et Glapissement :
“L’homme mérite qu’il se soucie de lui-même
car il porte dans son âme les germes de son devenir.”
C.G.Jung
Après une telle introduction je ne vais pas te dire ce que tu dois faire.
Fin (?)
par contre, ce que je peux te proposer ; c’est un chemin…
Longtemps les femmes se sont retrouvées dans des cercles, des tentes rouges, pour parler juste entre femmes, pour recevoir les enseignements des grands mères, pour développer la sororité, juste entre elles… cela est réactualiser régulièrement et semble efficient puisque « on ne naît pas femme, et qu’on le devient » comme l’a dit Simone de Beauvoir.
qu’en est il des hommes ?
Bien sûr on ne naît pas homme non plus, …
et les sociétés traditionnelle le savaient bien
Aujourd’hui submergé par 1000 injonctions contradictoires qui nous invitent à nous déconstruire ou a devenir un mâle alpha, … entre les théories du genre, d’anciens stéréotypes, la dysphorie du genre et la perte de repères, … il y a de quoi perdre la tête
Cette question cruciale a amené Guy Corneau il y a déjà près de 30 ans déjà à se demander : ** « pourquoi l’homme d’aujourd’hui est si mal dans sa peau, pourquoi il a peur de l’intimité, pourquoi il redoute à ce point l’agressivité qu’il refoule au plus profond de lui-même, pourquoi il se sent obligé de jouer le héros, l’éternel adolescent, le séducteur ou le bon garçon… Pourquoi est-il si difficile de devenir un homme à part entière dans une société qui ne pratique plus aucun des rites initiatiques de l’adolescence ? » **
Poser les bonnes questions c’est aussi repartir de choses simples comme « Qu’est ce que la virilité ? »
On peut par exemple, loin de toutes polémiques, revenir à la racine latine du mot « Virilité » : « VIR » qui ce décline aussi bien dans la « Vertu », que dans la « Vigueur » et que l’on retrouve dans la notion de tout ce qui est « Verdoyant » en lien avec les forces ascensionnelle du printemps ;
j’aime ce point de vue évoqué par Jacqueline Kelen ; « Ses hommes virils je les appellerai des valeureux : individus de vaillance et valeurs, ce sont des héros. Ceux qui par leur quête font surgir le printemps. »
Soyons bien clair ; ici pas de norme, de normalité, ou d’anormalité, pas d’obligation, de stéréotypes, de clichés, de poncifs, de convenances, de bienséances, de communautarismes, de morales ou d’immoralités, …, chacun libre de découvrir ses préférences sexuelles, sa façon de s’habiller et de vivre
Encore faut il trouver un chemin pour cela, et ne pas s’en remettre à la pression extérieur, ou à notre lâcheté, notre paresse, notre difficulté à nous réaliser dans notre essence…
Encore faut il ne pas rebrousser chemin à la première difficulté…
Alors le chemin devient … se découvrir, s’inventer, se construire patiemment, en tant qu’homme unique, dans sa singularité, prêt à sortir de sa gangue …
Pour cela nous devons d’abord arrêter de croire que nous sommes les premiers dans l’histoire à nous questionner de la sorte, sortir de notre petit nombril hypertrophié et tourmenté, et alors nous pourrons nous appuyer sur les différents apport des traditions (comme les rites de passage chamaniques, les sagesses indiennes ou chevaleresques) mais aussi les mythologies et les archétypes Jungiens, comme autant de repère et de pratiques pour expérimenter, se révéler
j’ai la chance d’animer des groupes d’hommes depuis plus de 10 ans => et d’avoir accompagner de jeunes adolescents auparavant dans leurs passages vers l’homme adulte également pendant une dizaine d’année.
Quelle joie de voir un nouvel homme oser être lui même, oser ressentir et vivre ce qu’il est…, suivre sa voie et se tenir debout au lieu de baisser l’échine, … trouver ainsi sa place avec les autres hommes, avec les femmes, dans le respect de ce qu’il est et le respect de l’autre
Pour finir, j’aimerais laisser la parole à une femme qui à su parler au coeur des hommes : Jacqueline Kelen à nouveau dans son livre « l’eternel masculin » :
« … nous avons enterré ou oublié les mythes masculins, la culture masculine avec ses valeurs et ses modèles propres. Nous, c’est-à-dire non seulement des féministes exacerbées et des mères abusives, mais une société unisexe et uniforme, une culture de masse affligeante, une civilisation industrielle et technologique faisant fi de l’humain, une pensée indigente et généralisante, et aussi les hommes eux-mêmes qui ont déserté, renié leur idéal, qui ont préféré avoir à la maison une nounou ou une bonne plutôt que d’être seuls, et qui devant les femmes dites fortes ou libérées se sont comportés en lâches ou en petits garçons.
Les valeurs masculines ayant été décrétées odieuses et patriarcales, envisagées sous un aspect exclusivement négatif (la guerre, le viol, le football et diverses cruautés), il ne restait à l’homme qu’à développer et à “intégrer” son féminin. L’homme idéal, l’homme nouveau ne pouvait être que féminin, et l’homme actuel un spectre de femme.
Beaucoup de femmes sont tombées dans le piège. Après s’être un temps attendries devant ces hommes si fragiles, ces hommes-enfants, elles en ont eu assez de les bercer, de les nourrir, de les écouter et de les réconforter. Elles ont compris un peu tard que cette délicieuse fragilité n’était que de l’immaturité et une fuite devant la vie. Quant aux hommes, ils ont saisi en grand nombre cette planche de salut que représentait la fameuse “part féminine”, se dispensant du même coup de courage, de responsabilité et d’élan, de grandeur et d’affirmation de soi. Pour ceux-là, explorer leur féminin ce fut abdiquer et moins se rapprocher des femmes que trahir l’éternel masculin.
C’est comme si la masculinité était devenue honteuse et, partant, les modèles masculins historiques, légendaires, familiaux se sont effrités – brûlés comme effigies de carnaval ou jetés en pâture à des citoyens soucieux d’égalité au point de tout niveler. L’autorité, la puissance, la grandeur, le respect ont été tellement combattus ou raillés que les hommes qui incarnaient encore ces valeurs ont commencé à se sentir coupables, rejetés puis très seuls. Et comme les femmes ont revendiqué et conquis une bonne part du territoire des hommes, elles ont du même coup accaparé ou incarné les valeurs masculines traditionnelles, et d’abord le courage, la ténacité, l’endurance. Que restait-il aux hommes si ce n’est faire allégeance à ce féminin triomphant – comme Hercule jadis se rangea aux pieds d’Omphale -, devenant lâches, passifs, jardinant leur part féminine comme avant eux le vaillant héros fila la laine sans conviction ? Ou encore, profaner les vertus viriles en faisant par exemple de la force morale, intérieure, une force brutale et du preux chevalier un “battant” sans foi ni loi ?
Que restait-il, pourtant, si ce n’est résister ? Faire confiance aux modèles et aux mythes masculins, et oser porter les valeurs masculines – loyauté, courage, honneur et droiture, ardeur et goût de la quête…
Il ne s’agit pas de déterrer la hache de guerre et de relancer le ridicule combat entre sexes. Il s’agit plutôt d’inciter tout homme à retirer Excalibur du bloc de pierre où l’épée magique est restée fichée – par facilité, indifférence, et désertion des champions. Autrement dit, de retrouver le désir et la joie – l’ivresse même – d’être un homme en quête de perfection, de devenir un homme accompli pour soi-même et non pour plaire à une femme, à une mode, à une société.”